mardi 23 décembre 2008

les files d'attente c'est extra...


...surtout quand il n'y a qu'une caisse d'ouverte.
il y a le jeuns made in la catho qui se dévisse le cou pour chercher sa copine qui a disparu dans le fin fond du magasin. le même qui finit par se réfugier dans son téléphone portable. 10 secondes. pas de bol, ça répond pas. pas de message à lire ou écouter non plus. t'as pas réussi à emmerder le monde avec mon grand, t'as juste toujours l'air con. voilà qu'arrive enfin la demoiselle made in zara. elle demande pardon à son amoureux qu'était tout perdu. à voir comme il s'y accroche, c'est pas une fiancée, c'est une bouée de sauvetage. il faut dire aussi que son portable n'avait pas vraiment assuré.
il y a celles qui demandent pardon pour passer. un pardon parfois aussi aimable que si moi, je leur avais marché sur le pied. t'as raison madame. les longues files d'attente, ça fait chier. surtout que si t'avais regardé deux secondes derrière moi, t'aurais vu qu'on pouvait passer sans problème.
il y a les poussettes made in land rover.
il y a celle qui est bien contente qu'il y ait des fauteuils dans ce magasin. elle est confortablement assise mais, par compassion, échange de gros soupirs et roulements d'yeux au plafond avec sa copine qui, manque de bol, a un truc à payer.
il y a le garçon qui a poussé trop vite pour son jeans slim et son micro blouson. lui, il regarde les filles en souriant. il est cool. il a l'accessoire qu'il faut, bien visible dans sa main légèrement ouverte. au cas où on aurait pas compris que les trucs blancs qui pendouillent de ses oreilles sont de la bonne marque. mais il est arrivé à la nage, le garçon cool. il n'a pas encore compris que les filles, ça aime passer leur doigts dans les cheveux des garçons, et qu'avec trois tonnes de gel fixation-béton, ça va pas le faire.
il y a mon panier avec ses trois quatre petites conneries à 1 euro 50.
il y a la fille made in gap. toute serrée dans ses vêtements, alors qu'elle a pas dû oser regarder un pot de nutella depuis ses six ans. toute engoncée dans son énorme écharpe alors qu'il doit faire 28° ici dedans et 10° là-bas dehors. toute grise. toute rabougrie. toute de mauvaise humeur. quand quelqu'un est sur son passage, elle se plante là deux secondes, regarde méchamment sans voir personne. très vite, il faut interpréter: encore les mêmes fils blancs qui sortent des oreilles... la demoiselle est dans sa musique. 'a peut me regarder mais 'a peut pas entendre... donc 'a peut pas parler non plus (?)... donc je dois me pousser vite fait pour la laisser continuer son chemin de petite conne toute grise, rabougrie et mal polie.
et puis il y a la petite dame devant moi. celle qui se retourne, les joues rouges, et qui, voyant que je lui souris, souffle juste un petit "y fait chaud, hein?". celle qui papote avec personne mais regarde ce qu'il se passe. attend patiemment. gentiment même. elle est comme tout le monde. elle a hâte de sortir de là. tellement, qu'elle en oublie sa carte dans la machine à la caisse. et me remercie à deux reprises de lui avoir fait remarquer. c'est moi qui vous remercie, madame. grâce à vous, cette file d'attente n'était pas complètement pourrie.

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